Notre démarche artistique
Notre démarche artistique repose sur une conviction simple : la marionnette est un langage en mouvement.
Elle peut être populaire ou expérimentale, artisanale ou numérique, intime ou spectaculaire. Plutôt que de défendre une esthétique unique, Une Poignée d’Images choisit d’explorer les rencontres : entre les techniques, les disciplines, les générations et les territoires.
Cette recherche traverse aujourd’hui notre travail autour de trois axes : la marionnette comme langage universel, l’Europe comme territoire de création et le numérique comme terrain d’expérimentation.
01 — La marionnette, un langage universel
Nous défendons une marionnette sans frontières de formes ni de publics.
Marionnettes à fils, à gaine ou à tige, théâtre d’ombres, objets, corps, images projetées ou formes hybrides : chaque technique possède son vocabulaire, mais toutes partagent une même capacité à déplacer le regard et à rendre visible autrement ce qui nous entoure.
Cette diversité est au cœur de notre travail. Elle nous permet de passer du conte à des écritures contemporaines, du spectacle familial à des propositions destinées aux adultes, de l’intime au spectaculaire.
La marionnette devient alors plus qu’un objet théâtral : un langage accessible, sensible et profondément vivant, capable de créer une relation immédiate avec le spectateur et d’aborder aussi bien l’imaginaire que les questions qui traversent notre société.
02 — L’Europe comme territoire de création
Notre implantation est à Belfort, mais notre travail se construit depuis longtemps dans le dialogue avec d’autres artistes, d’autres pratiques et d’autres territoires.
Cette ouverture européenne s’est notamment concrétisée à travers plusieurs projets de coopération : Vagabondages en 2010, puis Itinérance en 2013, soutenu par l’Union européenne, ou encore le projet transfrontalier « Marionnettes, Manipulations et Numériques », développé de 2020 à 2023 avec le soutien du FEDER.
Ces expériences ne sont pas pour nous de simples partenariats institutionnels. Elles nourrissent directement la création : confrontation des pratiques, circulation des œuvres, échanges de savoir-faire, rencontres entre artistes et publics.
L’Europe est ainsi envisagée comme un espace de circulation artistique et d’expérimentation, où la marionnette peut se réinventer au contact d’autres cultures et d’autres disciplines.
03 — Le numérique comme terrain d’expérimentation
Nous ne considérons pas la technologie comme un effet spectaculaire ajouté à la marionnette. Elle devient intéressante lorsqu’elle transforme réellement la manière de raconter, de manipuler ou de percevoir une présence sur scène.
Mapping vidéo, projection, capteurs de mouvement, dispositifs interactifs, animation, création sonore ou intelligence artificielle peuvent ainsi dialoguer avec des objets fabriqués à la main et des techniques de manipulation parfois très anciennes.
Ce croisement entre artisanat et technologie constitue aujourd’hui un véritable terrain de recherche pour la compagnie.
Il nous permet d’interroger de nouvelles relations entre le vivant et l’objet, le réel et le virtuel, l’interprète et son double numérique.
Avec des créations comme Homo Deus, cette recherche dépasse la seule question esthétique : le numérique devient aussi un sujet dramaturgique, permettant d’interroger notre rapport aux technologies, à l’intelligence artificielle et aux transformations qu’elles provoquent dans nos vies.
Une marionnette en mouvement
Ces trois axes ne constituent pas des catégories séparées. Ils se croisent constamment dans nos créations.
Notre démarche consiste précisément à préserver la force artisanale et poétique de la marionnette tout en la confrontant aux écritures, aux technologies et aux enjeux du monde contemporain.
C’est dans cette tension entre héritage et invention que nous cherchons aujourd’hui à construire notre théâtre.